Invocations avant la prière : l’ordre exact, du takbīr au salām

Les invocations dites « avant la prière » désignent souvent, par raccourci, les formules récitées au début de la salāt. Leur ordre mérite d’être précisé : le takbīr d’entrée ouvre la prière, puis vient l’invocation d’ouverture, suivie de la demande de protection, avant la récitation de la Fātiḥah. Voici les principales formules, avec leur texte arabe, leur phonétique et leur traduction.
Avant, au début ou après la prière : ne pas confondre les moments
À proprement parler, une invocation faite avant la prière peut être une demande personnelle adressée à Allah avant de se placer pour accomplir la salāt. Elle ne fait alors pas nécessairement partie du déroulement rituel de la prière. Les recherches sur la « douʿā avant la prière » renvoient plus souvent aux invocations récitées au commencement de la prière.
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| Moment | Ce qui est récité | Repère pratique |
|---|---|---|
| Avant le takbīr | Invocations personnelles possibles | La prière n’a pas encore commencé. |
| Après le takbīr d’entrée | Invocation d’ouverture | Avant la Fātiḥah, généralement dans la première rakʿah. |
| Avant la récitation | Istiʿādhah | Demande de protection contre Satan. |
| Pendant la prière | Glorifications et demandes selon la position | Inclinaison, prosternation et position assise. |
| Après le salām | Dhikr et invocations après la prière | La prière est achevée. |
Le takbīr d’entrée, « Allahu akbar » (« Allah est le Plus Grand »), marque l’entrée dans la prière. Dès qu’il est prononcé, le fidèle commence la salāt. L’invocation d’ouverture ne se dit donc pas avant ce takbīr : elle prend place après lui, avant la récitation de la Fātiḥah.
Les deux formules à connaître au commencement
L’invocation d’ouverture après le takbīr
Plusieurs invocations d’ouverture sont rapportées. Il n’est pas nécessaire de les réunir. Pour commencer, il est possible d’en apprendre une et de la réciter régulièrement. Une formule courte et largement enseignée est la suivante :
Arabe : سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ، وَتَبَارَكَ اسْمُكَ، وَتَعَالَى جَدُّكَ، وَلَا إِلَهَ غَيْرُكَ
Phonétique : Subhânaka Allâhumma wa bihamdika, wa tabâraka-smuka, wa taʿâlâ jadduka, wa lâ ilâha ghayruka.
Traduction : Gloire et louange à Toi, ô Allah. Ton nom est béni, Ta grandeur est élevée, et nul n’est digne d’adoration en dehors de Toi.
Cette invocation, également appelée at-tawajjouh dans certains enseignements, exprime la glorification, la louange et l’unicité d’Allah dès le début de la salāt. Son caractère est généralement présenté comme recommandé. Si elle est oubliée, le fidèle poursuit la prière sans revenir en arrière. Les modalités peuvent varier selon les écoles juridiques. Un enseignement local de confiance permet de suivre la pratique retenue dans sa mosquée.
L’istiʿādhah avant la Fātiḥah
L’istiʿādhah est la demande de protection adressée à Allah contre Satan. Elle se place avant la récitation coranique, donc avant la Fātiḥah. La formule la plus connue est la suivante :
Arabe : أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
Phonétique : Aʿūdhu billāhi mina-sh-shayṭāni-r-rajīm.
Traduction : Je cherche protection auprès d’Allah contre Satan le banni.
Cette formule prépare la récitation dans une attitude de recueillement et de protection contre la distraction. Certaines présentations l’indiquent au début de chaque rakʿah avant la Fātiḥah, tandis que d’autres pratiques retiennent des nuances. Pour débuter, le repère principal reste son emplacement : après le takbīr et l’invocation d’ouverture, juste avant la récitation.
Une progression simple pour mémoriser sans se perdre
La prière suit un ordre précis : chaque mouvement est associé à des paroles particulières. Mémoriser les invocations par étapes facilite l’apprentissage. Il est plus simple de relier chaque formule à une transition corporelle, comme le fait de s’incliner, de se relever, de se prosterner ou de s’asseoir. La posture aide alors à retrouver la formule au bon moment.
Pour une personne qui ne lit pas encore l’arabe, la phonétique sert de passerelle. Elle ne remplace pas l’apprentissage du texte arabe, mais elle peut aider à commencer. Écouter une récitation fiable, répéter lentement et comparer avec l’arabe réduit les approximations. La traduction française permet aussi de comprendre ce qui est récité et de conserver une attention réelle au sens.
- Commencez par le takbīr, puis apprenez une seule invocation d’ouverture.
- Ajoutez l’istiʿādhah et la Fātiḥah lorsque cet enchaînement devient fluide.
- Apprenez ensuite une formule courte pour l’inclinaison et une autre pour la prosternation.
- Gardez les invocations longues du dernier tachahhoud pour une étape ultérieure.
Un support audio peut être utile, notamment pour les lettres arabes qui n’ont pas d’équivalent direct en français. Écoutez une phrase, arrêtez l’enregistrement, répétez-la à voix posée, puis passez à la suivante. Une vitesse lente et une écoute régulière sont plus efficaces qu’une mémorisation précipitée de toute la formule.
Les invocations qui accompagnent les positions de la salāt
Après le début de la récitation, les formules ne sont plus des « invocations avant la prière ». Elles accompagnent les différentes positions de la salāt. Les connaître permet d’associer chaque mouvement à la parole correspondante.
Inclinaison, redressement et prosternation
Dans le rukūʿ, c’est-à-dire l’inclinaison, une formule essentielle est :
Arabe : سُبْحَانَ رَبِّيَ الْعَظِيمِ
Phonétique : Subhāna rabbiyal-ʿaẓīm.
Traduction : Gloire à mon Seigneur, l’Immense.
Cette formule est souvent répétée trois fois. En se redressant, le fidèle dit : « Samiʿa Allāhu liman ḥamidah », soit « Allah entend celui qui Le loue », puis : « Rabbanā wa laka-l-ḥamd », qui signifie « Notre Seigneur, à Toi la louange ».
En prosternation, ou sujūd, la formule correspondante est :
Arabe : سُبْحَانَ رَبِّيَ الْأَعْلَى
Phonétique : Subhāna rabbiyal-aʿlā.
Traduction : Gloire à mon Seigneur, le Très-Haut.
Entre les deux prosternations, une demande brève de pardon peut être récitée : « Rabbighfir lī », « Seigneur, pardonne-moi ». Ces formules courtes forment une base accessible avant l’apprentissage de variantes plus développées. Elles se mémorisent plus facilement lorsqu’elles sont répétées en lien avec la position concernée.
Le dernier tachahhoud, le salām et ce qui vient après
Dans la dernière position assise, après le tachahhoud et la prière sur le Prophète, des invocations de protection sont récitées avant le salām. Une formule très connue comporte quatre demandes :
Arabe : اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ جَهَنَّمَ، وَمِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ، وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَحْيَا وَالْمَمَاتِ، وَمِنْ شَرِّ فِتْنَةِ الْمَسِيحِ الدَّجَّالِ
Phonétique : Allāhumma innī aʿūdhu bika min ʿadhābi Jahannam, wa min ʿadhābil-qabr, wa min fitnatil-maḥyā wal-mamāt, wa min sharri fitnatil-Masīḥid-Dajjāl.
Traduction : Ô Allah, je cherche protection auprès de Toi contre le châtiment de l’Enfer, le châtiment de la tombe, les épreuves de la vie et de la mort, et le mal de l’épreuve du Dajjāl.
Après le salām, les invocations et le dhikr appartiennent à un autre moment. Ils suivent la prière et ne doivent pas être confondus avec l’invocation d’ouverture. Pour retenir l’ordre essentiel, mémorisez cette suite : takbīr, ouverture, protection, Fātiḥah. Associez ensuite progressivement une formule à chaque position, jusqu’au dernier tachahhoud et aux invocations qui précèdent le salām.